Les origines de Magus

Publié le par Magus

Avant de devenir une bande dessinée au succès mondial, il faut une idée de départ. Pour Magus et avant même que mon compère François ne travaille avec moi, tout est partie d'une photo qui est dans mon portefeuille depuis des années. Cette photo que je vous livre ici montre une bande de gaillards qui posent au milieu de cercueils comme pour une photo de classe. Qui sont ces gens qui dégagent quelque chose de terriblement vivant malgré le contexte morbide ? Nous sommes en 1941 et ce sont des prisonniers volontaires dont la mission est d'enterrer les corps des soldats. Ce sont des fossoyeurs.
Le grand tout à droite est Jules, mon arrière grand père. Je ne l'ai pas beaucoup connu, je me rappelle qu'il avait des mains énormes d'ailleurs on le voit sur la photo, des mains de travailleurs comme on en fait plus. Valait mieux pas qu'il vous donne une fessée. J'ai beaucoup regardé cette photo, je m'essayais toujours à imaginer ce qui pouvait se passer dans la tête de ces gars à ce moment là. Qu'est ce qu'on garde d'une telle expérience, qu'est ce qu'on enfouit en soi et qu'est ce qu'on partage une fois rentrée chez soi ?
J'ai récupéré cette photo après la mort de mon arrière grand père donc je n'ai bien sûr jamais pu en parler avec lui. Mais le projet Magus, c'est aussi ça, une occasion trop belle de répondre à ces questions et de regarder dans le rétroviseur de ses origines pour rendre hommage à ces personnes qui font regretter de ne pas les avoir plus connu.

Cyrus




Commenter cet article

Magus 02/03/2009 23:39

Bienvenue sur le site ami du quebec. Merci pour tes encouragements et n'hésite pas à venir nous voir régulièrement.

François Miville-Deschênes 02/03/2009 13:43

C'est simple: on enfouit au plus profond de soi ce qui refuse de l'être dans le sol. Mais notre conscience n'a pas les vertus de la terre meuble et les souvenirs restent bien vivants, au contraire de ceux que l'on a enterrés.
Bref, c'est un beau projet, tout plein de bonnes intentions, je vous souhaite bonne chance et beaucoup de succès en dépit de la surabondance d'albums publiés et de la situation économique.

Dans l'attente de vous lire,

François Miville-Deschênes