Top 5 de Franck Marguin

Publié le par Magus

Cette semaine Franck Marguin vous a réservé un top 5 musical planant et émouvant.

Voici le Top 5 des chansons qui vous rappellent forcément un moment de votre vie. Talk Talk forever.
C'est à vous mon cher Franck.

1. 'The Power Of Love' - Frankie Goes To Hollywood
Grosse daube sirupeuse mais sur laquelle j'ai pécho une dénomée Cécile, une jolie blonde aux yeux bleus, en 3ème, lors d'une boum chez un dénommé Guy. Ce truc est surtout mémorable car le dénommé Guy essayait de se la pécho depuis des lustres, et m'avait, je cite "parié sa baraque" (qui soit dit en passant était celle de ses parents) que je n'y arriverais pas. Bon je n'en ai jamais eu les clefs, hein, mais bizarrement je me souviens vachement de cette chanson qui, tout en étant un hymne gay, a forgé mon hétérosexualité.
 
2. 'Life's What You Make It' - Talk Talk
1986. Talk Talk est déjà un de mes groupes préférés. Dans notre petite villa de campagne, nous essayons désespérement, en famille, de capter cette toute nouvelle chaîne de télévision entièrement musicale, baptisée TV6, qui a commencé d'émettre le jour même. Mon frère et moi rentrons juste de cours. Nous trifouillons l'antenne, le récepteur, et, au bout de plusieurs essais, tombons enfin sur la dite chaine. Le clip qui y passe, le premier que je vois sur cette chaîne, est justement celui, magnifique, de "Life's What You Make It".
 
3. 'The First Five Minutes After Death' - Coil
OK, Coil est mon groupe favori. Même après le décès soudain de son chanteur, John Balance, tombé, bourré, de sa mezzanine, il y a trois ans environ. Mais cette chanson est issue de l'album qui fut pour moi, et pendant près de 20 ans, l'album le plus important de l'histoire de la musique pop, "Horse Rotorvator", celui autour duquel j'ai sans doute bâti toute mon identité musicale. Et j'ai très précisemment le souvenir de mes premières vacances entre copains, sans parents, je devais avoir 16 ans. Nous étions 5 amis, tous gothiques ou assimilés, pour quinze jours au bord de la mer. Un après-midi que nous étions sur la plage de cette magnifique ville qu'est Collioure, alors que le soleil commençait doucement à se coucher et que la plage devenait déserte, nous écoutions Coil sur notre ghettoblaster (ça ne s'appelait pas comme ça à l'époque). Ecouter une chanson nommée "The First Five Minutes After Death" alors qu'on a à peine seize ans, que le soleil se couche, que quelques gouttes d'eau salée ornent encore les torses juvéniles des membres de notre bande de copains, tous aussi rageusement impliqués dans la musique, est quelque chose qui me hante encore plus de vingt ans après. Si le label que je dirige avec mon ami Geoffroy s'appelle Brocoli, ce n'est pas un hasard; c'est également le titre d'une chanson de Coil.
 
4. 'The Athlete' - Erlend Oye
Bon, ça c'est carrément mégalo puisque j'ai coécrit la chanson, mais en même temps quoi de plus important, comme souvenir ? Minizza, notre groupe à Geoffroy et moi, en était à ses balbutiements. Notre premier album n'était même pas sorti. Nous venions d'y réaliser une reprise de la superbe chanson du groupe pop norvégien The Kings Of Convenience, "Winning A Battle, Losing The War". Sans complexe, nous avons envoyé notre version aux deux membres du groupe, dont Erlend Oye qui nous a contacté quelques semaines plus tard. Il réalisait alors son premier album solo,"Unrest", avec une idée très originale : enregistrer 10 titres en duo, avec 10 groupes différents, issus de 10 pays différents. Et il nous annonçait qu'il venait, suite à l'écoute de notre reprise, de nous choisir pour représenter la France. Le résultat de cette collaboration se nomme "The Athlete", et c'est la première fois que nous avons publié de manière officielle un titre. Et je me souviens encore parfaitement de l'excitation intense que provoqua cette sortie.
 
5. 'You Can't Always Get What You Want' - The Rolling Stones
Bizarrement, ou pas, je n'ai jamais été un grand fan des Rolling Stones. Mais, quelques mois après la mort de mon père, j'ai fait un rêve. Mon père était vivant, et nous étions tous deux assis, côte à côte, à la table de la salle à manger de notre maison. Nous ne nous parlions pas. Nous écoutions la chanson "You Can't Always Get What You Want" des Rolling Stones en silence. Et mon père pleurait. Depuis, je ne peux plus entendre cette chanson sans, moi aussi, éclater en sanglots.



Publié dans Franck Marguin

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